Comment va la douleur ?

reanissance2

La douleur est une étrange affaire.
Un voyage, fut-il grimaçant, voire tordant.
Une aventure, toujours.
Il est des douleurs dont on se souvient et d’autres dont on ne se souvient pas. Certaines nécessitent parfois qu’on prenne des photos, qu’on entre dans d’étranges studios.

Celles dont on se souvient deviennent, pour les cas de douleurs régulières, des compagnes la plupart du temps indésirable mais dont on finit par s’habituer. Selon l’intensité. Faute de mieux.
C’est un peu comme un voisin indiscret qui viendrait de temps à autres s’installer à votre table pour chiper dans votre assiette. Ou qui, se sentant bien, prendrait racine.
On a moins d’appétit quand on est en pays de douleur.

Celles dont on ne se souvient plus nous prennent davantage par surprise. Les revoilà ! On les avait oubliées mais en fait, on s’en souvient maintenant, elles étaient déjà venues. Parfois une seule fois mais déjà une fois de trop. Vives, la plupart du temps, d’où l’oubli, elles avaient purement et simplement été reléguées au plus loin de soi. Les retrouver ne fait pas plaisir.
Elles sont choc sur le retour et lorsqu’elles elles reviennent, laissent une étrange impression, un air de déjà mâtiné de oh non merde pas toi. IL arrive curieusement qu’on ait été prévenu de leur venue.
Comme si cet autre voisin à qui l’on avait demandé de décamper il y a longtemps et semblait avoir respecté l’injonction se décidait à repasser un coup, ou deux, pour voir. On avait oublié. Pas lui. Pas elles. Eux peuvent chiper l’ensemble de l’assiette.
On n’a pas faim du tout avec ces douleurs-là.

Et puis il y a un troisième cas.
La douleur nouvelle, qui est comme la patate mais en version douleur. Celle là, on ne la connaît pas, on ne la sent pas, on ne l’aime pas mais on sent très vite qu’elle a pris sa place dans notre patrimoine. Elle va donc très vite à devenir vieille, et à rejoindre l’une ou l’autre des catégories susdites.
Elle peut être relativement anodine ou très intense. Un petit cachet peut parfois suffire ou un long traitement s’imposer. Nous préférons le premier cas. Toute pimpante avec toutefois selon l’endroit des airs connus, qu’ils soient reconnus ou oubliés, la douleur nouvelle est déroutante. Surtout au début. Inutile de préciser que plus on prend de l’âge, moins la douleur nouvelle a de chance d’exister. Pour autant, e n’es pas une obligation évidemment. Il arrive d’ailleurs que la nouvelle douleur soit en quelque sorte fille ou fils de douleurs plus anciennes.

Ambiance(s) sonore(s) si vous cherchez du son qui va bien:
Prendre ta douleur, de Camille. Ou Aïe, des Têtes Raides.

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